pour de Vray

pour de Vray

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VIRGULE 

Les yeux effrités par d’incessantes griffures de verre en fusion, métal argenté et inoxydable, le … ne fume pas la cigarette, mais je l’attends une fortune dans la poche, tout autour de mon complet veston isolé de mon corps par une feuille d’arbre. 

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Voulez-vous contempler le monde avec moi ? Un œil verse sur le retour en versant de montagne l’essentiel. En recul, en saut de grenouilles, sur les voies ferrées, en giclures de peinture, 

Du pinceau. 

Savoir, égaler ce qu’il faut, quand il faut, où il le faut. 

Sur le semblant de la vie, 

Des clous, des marteaux, des coins en acier, 

Des rabots, 

Pour l’œil. 

L’œil s’ouvre, l’éternité s’avance. Les pieds saignent. 

Silence sur ce semblant de vie. 

Une flûte ? Pourquoi pas. 

De sang, ou de Pan. 

Une flûte, c’est un marteau, un clou dans la bouche. 

Cracher. 

Le semblant de vie, giclures de peinture. 

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Petite horloge stratifiée, petit musicien, petit chien qui vit à mes côtés, 

Respire, 

Cloisonne ma respiration, 

et réapprends tout aux dépens de l’équilibre des choses que je croyais justes. 

Quelle justesse que ce strict minimum dans la poche. Je l’avais caché par erreur, encerclement de mes nerfs disposés en équations géantes sur la poitrine, tatouage insensé et grotesque. 

J’ai la connaissance des supérieurs, 

Apprise la nuit où les anges s’éveillent pour emporter les enfants dans leurs ailes. 

Un soir, j’ai reçu un coup de couteau, cela ne veut rien dire. Mais un coup, lente mesure pénétrante comme le doigt dans la bouillie. 

Ou un coup, comme un coup de griffe sur poitrine enflée, poitrine de femme offerte, que j’ai tuée, mangée, 

Pour comprendre ensuite qu’elle était blanche, une blancheur étrange. 

Alors j’ai allumé les phares du réveil et oublié ma contrainte. 

Sans corps, horrible nature vide, avec un peu de retard sur ce que j’avais envie de dire. 

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MICHEL ATELIER RIVOLI 1020

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TU RESTES ACCROCHE AU RIVAGE 

L’horizon bleuit 

Nous arrivons en plein désordre, 

Il faut déjà descendre que nous n’avons pas encore déterré nos yeux

Ton corps barre 

Tes yeux gonflent les voiles 

Le navire oscille sur ton cil

 

Mon corps soutiendra les fougères marines 

Je circulerai 

Exempt de contraintes 

Je circulerai sur un bateau élastique

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Il y a dans le bouleversement quelques signes qui appartiennent au rivage 

Le mat de misaine a remplacé l’équateur 

Et les tempêtes l’habitude du rire 

Il n’y a qu’une saison pour naviguer, elle coule en toi.

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Je récupère ta main 

Mon égoïsme respire 

Sans artifice, livré à son extase 

Les portes s’ouvrent d’elles-mêmes 

Il faut partir. 

L’aube annonce l’équinoxe 

Aussi vite que les corps s’abîment les âmes 

Qui se sauvent et s’évanouissent dans le désespoir des livres 

Dans le désespoir d’un air 

À mes côtés, l’enfant s’abîme et le chien, mou comme la mort 

S’ennuie. 

Rien n’est plus simple qu’un début de vague, ondoyeuse, pleine comme l’huître 

La nature giboyeuse exulte le regard du chasseur. 

 .

En voiture avec le chien à l’arrière, se méfier des villages. 

Pistons cognant, regard au rétroviseur, voir la route à l’envers. 

Pénétrer le chemin comme une femme, 

onctuosité et phosphorescence. 

 .

Il n’est plus temps d’écrire. 

La vague se recule lentement, la mer s’évapore, 

Quitter un rivage 

Amérique lointaine 

Tu ricanes derrière moi. 

 .

L’aile de l’oiseau saigne sur la déchirure de mon corps, 

Petites circonférences pleines de sève jaune et maléfique 

La mer est loin, bien loin. 

Aurore couleur d’amour, 

Rouge, 

et de sang 

Aujourd’hui semblable à l’autre 

La nuit sur l’oreiller de mes rêves, 

Je l’entends parler du monde des ailes rouges 

Qui vacillent devant les oreillers bleus 

Les bougies rutilent aux alentours de la vie 

J’aime l’avantage. 

C’est mon orage de toutes couleurs, de toutes tailles 

J’ai l’amour dans ma poche avec la vie par-dessus 

Mon corps rentre dans le sien par analogie 

Je me ronge les ongles comme une pomme. 

Un orage me parle dans le creux de l’oreille. 

Mélodie organique. 

Notes de couleurs et de mort, ode des cadavres. 

Simplement sans fatigue. 

Le téléphone sonne deux fois plus une. 

C’est un signal je crois. 

J’ai mal jusqu’au bout de mes ongles, 

Dans mon corps le jour pénètre par toutes les petites jointures mal faites, 

La musique suit son malheur. 

Elle lutte par son chant contre son inexistence 

J’ai des rapports étroits avec le monde 

Tout à coup ma main perle de sueur, elle coule sur le parquet. 

Une mare se forme. 

La lave poursuit sa progression. 

Elle arrivera peut-être aux yeux, 

Ils gagneront ce jour la toute ressemblance 

Ils ne marcheront plus sur le sable, 

S’enliseront sur la dune de mon espoir. 

Les dents grincent trop longues pour ma bouche 

Diminuent bientôt à vue aveugle, 

A vue lente, 

À vie recluse, à bouche abattue, à ressorts sans freins débridés. 

Le marécage se vide et la diversité des formes émerge, 

Sort comme d’un voleur. 

Lave flétrie, fanée, vidée d’amis 

Cinq doigts sans pli à chaque main de l’animal. 

Animal  courage. 

À l’intérieur de mon corps une lave incontrôlable, irrationnelle, uniforme. 

Elle existe là, sûrement proche, dans la gentiane, l’éther. 

Il faut me contrôler toujours, déjà écrire devient pénible, 

Ma main ne se conduit plus, elle déchire l’écriture, et l’écriture respire, 

Et l’écriture dérive vers les ongles, 

Et je respire. 

Bruits de pas mouillés. 

Le cœur s’use sans fin 

Comme une vis, 

Toujours le même sens, sans clarté, 

En toute innocence. 

En tout vertige dans le recul du voile des yeux. 

Bruits de pas, oubliés dans l’autre sens.

Je fais ce que je peux, 

Marche sur les anges avec chaussures aux pieds. 

Les chaussures sont d’or, et l’or à mes côtés. 

La récolte des âmes les soirs d’orage ne suffira plus à mon amour. 

Les innocents déménagent sur les plates-formes de mon cœur  

Voyage autour de ma carabine avec un aigle posé sur un piège à loups 

Les pages de ma revue s’envolent avec le monde, 

Un globe sur l’oreille, et l’éternité pour souvenir. 

Rapidité de mon instinct, ferveur des jours entiers, évanescence de l’âge, fluidité des corps élastiques, 

En proie au vertige, 

Les serrures griffent les portes et prennent un bain sur le carreau de l’agonie. 

Les jours reprisent une main en chaussette, le doigt à coudre, 

Suspendent les mouchoirs, les plis contournent la bouche hypothétique du rêve. 

Peut-être verrai-je un jour l’impossibilité de mon rêve, 

L’incroyance de l’arrogance. 

Pour l’instant nulle vapeur n’éclate.

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Je ne recherche rien d’autre que ton ventre liquoreux à l’orée de ma feuillure. 

Je ne recherche rien d’autre que tes lèvres de femme pleurant sous la caresse de mon âge. 

Je ne recherche rien d’autre que le souterrain qui me mènera aux premiers méandres de toi, femme. 

Sentier long, coloré, parsemé de lucioles et de sources odorantes. 

Je ne recherche rien d’autre qu’un équilibre que je romps, 

Volontaire, 

À tous instants de ma vie. 

Je ne recherche rien d’autre qu’une similitude entre mes vertiges et la respiration du ventre souple du vent. 

Je ne recherche rien d’autre qu’un éclat de temps sur des paupières mystifiant tes yeux, 

Gommant tes lèvres, 

Cisaillement de surface, déchirure du regard, 

L’œil me suit et me recherche. 

Les mélèzes ne pourront me suivre, ni les guerres m’attendre. 

Je suis encarapaçonné dans l’inégal, calfeutré dans l’hirondelle. 

Je ne recherche rien d’autre que la boue, la froideur, 

Peau mielleuse de ton ventre. 

Cambre les reins, bombe ton sexe, et laisse moi te couvrir de mon hérésie amoureuse. 

Je ne recherche rien d’autre que tes lèvres tendres, 

Fleur que je pourrais retrousser, piétiner, assoiffer, 

Pour enfin pénétrer 

Alangui dans l’ondulation du vertige. 

Le recul de tes yeux devant ma bouche me dira jusqu’où l’amour te scrute et te pourchasse. 

Je voudrais vivre dans un sexe de femme, 

La mienne.

ATLIER 59 RUE DE RIVOLI