Poèmes des années 70

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Départ

La nuit je pleure
et me répand dans l’éther
comme une plume.
J’ausculte tous les bruits de mon corps
et quelque fois, seulement quelque fois : je vis.
Alors je respire un air étrange,
celui qui m’entoure,
me porte mais que je ne connais pas.
Je ne peux le respecter : aucune envie, pourtant je le respire.

Je circule souvent aux frontières des charniers de l’homme.
Je remue des choses qui exhalent une odeur pestilentielle.
Celle des départs vers l’au-delà,
connaissance exacerbée  et incomplète
de mon esprit en rupture de mon corps.

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01 janvier 1970

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Cous longs

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Montagnes de sang
Et d’incompréhension
Montagnes de sang
Et monts d’alcool
Quelque fois femme
Au milieu d’un champ
Bientôt perdue
Pour ne pas connaître
Où commence la route
Où finit le chemin
Rhum vin alcool
Yeux vert-bleu
Marrons
Comme tu sens bon
Corps vierges ou fanés
Quelle importance
Ils deviennent rouges et roses
Sous la caresse de tes pinceaux
Et narguent ceux qui les regardent
Rhum vin
Alcool misère
Du pain la guerre
Et ta main.

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1970

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Il faut toujours retranscrire
ce que ne stimule pas le cerveau.

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La queue de l’âne puise ses racines aux sources de la violence. La révolte est interne et inhérente aux espoirs.
Une troupe d’animaux sauvages disparaît sur la ligne velours de l’horizon inachevé. Ils partent en migration. “C’est l’époque du voyage incongru”.
C’est le moment de la débandade désossée. Le soleil devient le plus pâle possible et tente une fuite en Égypte. C’est un soleil mystique et mystérieux : soleil de fortune.
Un bruit de moteur vers l’oreille gauche.
La clé du silence rebondit longuement sur les rochers avant de disparaître définitivement avalée par l’ACIER DE LA MER GLUANTE.
Les ronds concentriques d’à côté appartiennent à ICARE.
Nous sommes donc voisins.
Une côte sera toujours un écueil.

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Mars 1972

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