Elles ont toujours été là.

Tu as pu m’en souffler quelques mots parfois, toujours avec fierté, toujours avec pudeur, elles ont toujours été là, avec toi. Un portefeuille dans la poche intérieure de ton blouson et trois photos froissées. Dans tous les lieux sordides où je t’ai visité, les squats, les hôpitaux, au milieu des livres, des pots de peinture, au milieu des fous et de ton immense solitude, elles ont toujours été là, avec toi. J’ai tenté d’imaginer leurs visages aujourd’hui, même toi ne les sais plus. Ça pourrait ne pas me déranger. Ça devrait n’être qu’une anecdote. Et puisque ce site t’est consacré. Consacré à ton travail. Consacré à ton chemin. Consacré à ta présence parmi nous. Je comprends que pour tout ce que tu as écris, tout ce que tu as dessiné, tout ce que tu as rêvé, elles ont toujours été là, avec toi. Aujourd’hui c’est Noël et c’est un jour idiot. Je pense à toi qui est allongé sur un lit, le jour, la nuit, enserré dans l’ immobilité de tes objets familiers. Qu’entends-tu dans l’air, à part les cris d’une petite vieille dans une chambre voisine ? Que vois-tu dans l’air ? Les yeux remplis d’amour de tes bons amis d’autrefois, Franck Bouillon, Jean Marcourel, Gilbert Maurice Duprez, et les autres que tu n’as pas eu le temps de me raconter. Je te fais confiance, tu ne t’ennuies sûrement pas et ils sont nombreux autour de toi. Et puis, elles sont toujours là. Avec toi.

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