LE TRAIN SUR LA MER

Le soir, quelquefois, un sentiment de vieille mort attrape au détour du chemin la lassitude installée dans les avant-bras et se répand, marée, fatigue lancinante de l’être entier ; une installation fatiguée de l’être sur diverses fatigues accumulées dans tous les instants. Dans la répétition simple de l’instant que l’on ne transporte pas toujours avec soi-même, puisque on l’égare parfois, et que l’on subit un souffle accompli à son propre insu. 

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Quel sera enfin la solution évidente, le geste à accomplir chaque jour jusqu’à plus goût ? 

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Au bord de la mer, l’air marin se laisse respirer avec difficulté. Même les mouettes subissent ce malaise. Réitération des mots formulés sur l’instant inexistant Difficile ce mot revenant leit-motivé par simple chaleur de contact chaud. Chaleur suffocante de spectres chaleureux aux mains noircies en flaques. 

Les picotements reviennent, aurait-on dit chimiquement construits. 

Là seul l’instant 

Équivoque le matin 

Sans connaître de l’histoire la fin ; 

Les instants matinaux sursautent sur le rebord de la fenêtre ; des instants doux et fragiles. Fragilité de notre propre corps fragile. 

Limpidité d’un liquide corrompu et coloré par principe. 

La fatigue de ressentir sous la délicatesse de la peau la limpidité claire et transparente de la peur étirée sur un globe presque noir. Notre cerveau presque toujours en fatigue d’un train en partance, d’un battement de cils féminins. 

La femme s’écrie presque au masculin. Effondrée sur la banquette opposée et tassée sur sa propre usure. Savoir que l’instant évaporé rattrape toujours les gestes de la veille. 

Fatiguée, éliminée par le chemin caillouteux, presque toujours en montée. 

Il ne reste que l’enfant en face qui marche l’amble sur sa solitude et son destin coloré, d’une couleur parfois imméritée. 

Tout tourne autour de la même étendue d’eau qui ne peut jamais être étanchée. 

Gigantesque planétaire qui ne rassasie que les Dieux olympiens. Tout n’est pourtant qu’une simple poutrelle métallique qui charpente sur nos sentiers dégradés par certaines marques amoureuses de nos ancêtres. 

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Moi je suis encore presque entier. La modification corporelle n’est pas totalement insoutenable, et j’aime tout autant les gens que la veille. 

Mais le changement va certainement tout surprendre.

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