MICHEL VRAY


Voilà huit mois que Michel est parti. Je fais cette annonce sur la page d’accueil de son site pour que chacun sache que Michel avait rapatrié auprès de lui, dans sa chambre minuscule de l’EPHAD de la Maison des Artistes de Nogent-Sur-Marne, une grande partie de sa production toiles et dessins (présentés sur ce site). D’ailleurs j’en sais quelque chose puisque plus d’une fois j’ai chargé ma petite voiture de toutes ses toiles et de tous ses bouquins pour les ramener depuis le squat du jardin d’Alice à Montreuil où ils étaient stockés jusqu’à sa chambre. Lorsque Michel est parti, avec quelques amis nous avons signifié à la direction de l’EHPAD que nous tenions beaucoup à ce que le travail de Michel ne soit pas dispersé ou perdu. Nous avons également informé que Michel avait écrit une lettre testamentaire qu’il a du laissé dans sa chambre, quelque part. Nous avons sollicité l’autorisation de faire des recherches dans sa chambre mais en raison du « cadenassage sanitaire » des EHPAD cela nous a été refusé. Le Directeur de la Maison de retraite nous a affirmé qu’il avait lui-même fait des recherches mais n’avait rien trouvé. Par la suite Aucun héritier ne s’est manifesté pour récupérer ses affaires personnelles et ses œuvres. Nous en étions, nous ses amis, des plus inquiets. Il nous a été rétorqué que ses affaires étaient mises sous séquestre et que l’Etat se chargerait de faire des recherches pour retrouver ses héritiers. Aussi qu’il soit dit, qu’il soit écrit, que si des toiles de Michel venaient à être présentées à la vente sur un quelconque marché de l’art ou en possession d’un quelconque acheteur, nous considérerions  qu’elles ont été volées « pillées » par les services de l’administration qui se chargent un peu trop aisément de séquestrer les œuvres des artistes laissées à l’abandon par des héritiers déserteurs … Je sais pour ma part que Michel aurait souhaité que ses toiles soient offertes à tous ses amis proches, il m’en avait parlé si souvent. Il fallait que ce soit écrit sur son site. Voilà qui est fait ! J’ajoute que Michel avait également avec lui un trésor, son trésor auquel il tenait plus que tout, un livre manuscrit et dessiné (aquarelle) par son grand-père grand voyageur-navigateur dans les îles. J’ai vu et tenu dans mes mains cet énorme livre, je pense aujourd’hui que j’aurais du le garder avec moi avant que n’importe qui s’en empare ou pire… Voilà, on en est là. Je sais bien que là où tu es tu rigoles bien de tout cela, tu as raison dans le fond et un de ces jours j’en rigolerai avec toi !  

 

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MICHEL VRAY – EDITIONS LACALLIPHANE M M

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